En manchette:

Index | English | Nous joindre  | Consentement 


rss Facebook

inaturaliist.org

FSC

navigateur FCI
comment r�agir en cas d'urgence

Les populations de fr�nes noirs au lac Duparquet

fr�ne2.jpg (36520 octets)

La reconstitution des fluctuations du niveau des eaux du Lac Duparquet � l'aide de l'analyse dendrochronologique montre que le nombre de cicatrices caus�es par les glaces lors du d�gel printanier a augment� depuis la fin du Petit �ge Glaciaire soit depuis environ 1850 (fig. 1a). Cette hausse est d'autant plus marqu�e depuis le 20e si�cle et, en particulier, depuis les ann�es 1930.

Parall�lement � la hausse du nombre de cicatrices, on remarque que le niveau des eaux lors du d�gel printanier a aussi subit une progression (fig. 1b). Depuis les ann�es 1915, par exemple, on constate que le niveau des eaux lors du d�gel est d'environ 1 m�tre plus �lev� qu'� la fin du Petit �ge Glaciaire. Les �tudes climatiques d�montrent que plus le gel automnal est rapide et que plus les pr�cipitations hivernales et printani�res sont importantes, plus le niveau du lac et l'activit� des glaces lors du d�gel seront importants.

La hausse observ�e du niveau des eaux lors du d�gel printanier se r�percute aussi sur la dynamique des peuplements forestiers en plaine de d�bordement. L'�tude des peuplements de fr�ne noir montre que dans les sites les plus expos�s aux crues, les individus se maintiennent surtout par r�g�n�ration v�g�tative (rejets de souche) tandis qu'on observe une r�g�n�ration sexu�e beaucoup plus abondante dans les sites o� les conditions engendr�es par les crues sont moins difficiles.

fr�ne3.jpg (28450 octets)

La r�g�n�ration v�g�tative constitue un important m�canisme par lequel le fr�ne noir peut se maintenir sur le lac (fig. 1d). Les populations du Lac Duparquet sont stables avec des individus dans toutes les classes d'�ge. Contrairement � la quasi disparition du fr�ne noir du Lac Abitibi suite � la construction d’un barrage hydro�lectrique � Iroquois Falls dans les ann�es 1915-1920, la hausse du niveau des eaux du Lac Duparquet fut graduelle et a permis aux populations de se d�placer. Ce ph�nom�ne met en �vidence le caract�re exceptionnel du lac Duparquet qui, en absence d’un contr�le des niveaux d’eau, a su pr�server des rives � caract�res naturels.

Contrairement � ce que l'on pourrait penser, il semble que la hausse du niveau des eaux lors des crues glacielles n'ait pas eu, au Lac Duparquet, d'effets n�gatifs sur la croissance du fr�ne noir. Au contraire, les conditions de croissance semblent s’�tre am�lior�es depuis le d�but du si�cle m�me si le nombre et la hauteur des cicatrices ont augment� (fig. 1c). Les �tudes dendroclimatiques effectu�es avec le fr�ne noir ont d�montr� que seules les crues se poursuivant en d�but de saison de croissance (juin) avaient un effet n�gatif sur l'accroissement radial. Pour le fr�ne noir, les crues h�tives pourraient avoir un impact positif sur la croissance en prolongeant la p�riode de croissance, et ce, surtout si les pr�cipitations du mois de juin sont abondantes (Tardif et Bergeron, 1992 : Tardif et Bergeron, 1993 et Tardif et al, 1994).

fig10.gif (71930 octets)
Fig. 1. a) Nombre de cicatrices glacielles en classes de 5 ans (n=616) et courbes cumulées de la fréquence des cicatrices (n=616) et de l'âge des arbres porteurs (n=81). b) Évolution de la hauteur maximale (n=122) atteinte par les cicatrices depuis la fin du 17e siècle. c) Courbe de croissance indicée du frêne noir pour l'ensemble des sites du lac Duparquet  et le nombre d'arbres inclus (153 maximum). d) Structure d'âge des frênes du lac Duparquet (6 peuplements) en classes de 10 ans et selon leur origine (sexuée vs végétative).

 

 

précédent Retour aux thèmes de recherche suivant

Grand-Pic